30 ans d’Éclats – Portrait : Vincent Buron, Co-fondateur de VIVRE AUX ÉCLATS et Co-Président depuis 2025
« Avec le recul, je me dis que j’ai fait et que mes collègues clown·es font le plus beau métier du monde. »
Vincent Buron
Nous poursuivons notre mise en lumière des personnalités qui font rayonner VIVRE AUX ÉCLATS et cette semaine, nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir Vincent Buron.
Vincent Buron, un nom qui raisonne pour vous si vous connaissez bien VIVRE AUX ÉCLATS ou que vous avez assidument suivi notre rétrospective pour les 30 ans de l’association !
Vincent a 65 ans, il est l’un des quatre membres fondateurs de l’association, connu sous le nom de Pr Georges HOPOPOP lorsqu’il était clown et, depuis juin 2025, il est Co-Président de VIVRE AUX ÉCLATS aux côtés de Véronique Dubois-Bertrand ainsi que coordinateur des bénévoles en binôme avec Dominique Gebski.
Quand il a une minute pour lui, Vincent ou GleB, de son autre nom d’artiste, créé des tableaux à partir des fruits d’un arbre, le liquidambar.
Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours et son lien avec VIVRE AUX ÉCLATS, qu’il a vu naitre, évoluer et grandir ces trente dernières années.

Que faisais-tu avant l’aventure VIVRE AUX ÉCLATS ?
J’étais comédien pour plusieurs compagnies, La Ligue d’improvisation Lyonnaise, la compagnie des 3 chardons et l’Association Culturelle St jean qui gérait et gère toujours mes propres créations.
Comment tu as débuté le clown ?
J’ai vraiment découvert le travail du clown pendant mes deux années de formation à l’École Internationale de Théâtre et de Mouvement Jacques Lecoq à Paris, de 1989 à 1991. On peut dire que mon clown « Georges » est né dans cette école. Et puis, un certain nombre de mes ami·es qui étaient dans cette école avec moi, sont rentré·es comme clown·es hospitaliers au Rire Médecin. Ils m’ont donné envie de faire ce travail.
Peux-tu nous parler un peu de ton clown ?
Le Professeur Georges HOPOPOP était un grand sentimental, blagueur (pas toujours fin) parlant un peu fort. Grand chanteur, amoureux de Brel, Sardou ou Lama… Amoureux aussi de toutes personnes qui passaient auprès de lui. C’était un beau-parleur, champion du monde des déclarations qui le rendaient ridicule… Un brin magicien également.
Il était « LE » Professeur de l’hôpital, il se disait professeur en tout, mais ne sachant rien. Il était souvent le clown blanc dans les duos à l’hôpital.
J’ai adoré lui construire une histoire. Fils adoptif du Professeur Hopopop sénior qui l’avait trouvé enfant, abandonné dans la jungle.
La légende dit qu’il était le fils naturel de Tarzan, d’où son célèbre slip en peau de léopard. À la fin de ma carrière j’ai aussi adoré faire exister Junior, son fils. Et là, c’était une vraie découverte de la facette « Auguste » du clown. Ce qui pouvait troubler mes partenaires de duos.

Durant 28 ans, le Professeur George Hopopop a parcouru les couloirs des services pédiatriques de la Ville de Lyon et d’Annonay, apportant, de chambre en chambre, de la vie, de l’humanité, du réconfort aux jeunes patients, à leurs proches et aux équipes soignantes.

Qu’est-ce que tu retiens de toutes ces années en tant que clown hospitalier ?
Je retiens avant tout, tous les visages des enfants, des personnes âgées, des parents et proches, des personnes en situation de
handicap, des soignant·es, de tous les membres du personnel. Je revois tous ces rires, ces sourires, ces pleurs parfois, toutes ces émotions que nos interventions font naître. Je suis parti en retraite avec de très beaux témoignages, très émouvants. Avec le recul, je me dis que j’ai fait et que mes collègues clowns font le plus beau métier du monde.
« Je pense souvent au Professeur Hopopop, avec sa voix de basse, son rire, son gros nez rouge et sa tendresse… »
La maman de Côme, ce petit garçon hospitalisé au SSR La Fougeraie, que Vincent a accompagné́ pendant 13 ans et jusqu’à ses derniers instants, témoigne des moments de tendresse partagés avec son fils et le Professeur Hopopop
Témoignage complet à retrouver dans Les Éclats #36

Peux-tu nous parler de ta relation avec VIVRE AUX ÉCLATS et ce que représente l’association pour toi ?
En tant que co-fondateur de l’association, je peux dire que VIVRE AUX ÉCLATS a pris une place très importante dans ma vie depuis 30 ans. Je suis très fier de tout le chemin parcouru depuis sa création ! Nous avons démarrer l’aventure à quatre artistes-clown·es et nous avions à cœur d’apporter du rire et des émotions aux enfants, avec un vrai travail professionnel.
Comment a été vécue la période de formation, de recherche d’établissements prêts à travailler avec vous ?
Dès le début avec mes trois autres complices co-fondateur·ices nous avions fait le choix de ne démarrer auprès des enfants que si nous avions une visibilité financière de 6 mois. Et puis, nous avons décidés de faire appel au Rire Médecin pour nous former tous les quatre pour ce métier de clown à l’hôpital. Nous avons alors trouvé un premier établissement de soins, La Maisonnée, qui nous a ouvert ses portes.
Comment se sont passées les premières interventions en milieu de soins ?
Nos premières interventions ont eu lieu dans le cadre de notre formation. Deux formatrices du Rire Médecin nous ont formé et coaché sur place, à La Maisonnée. Puis, nous sommes allé·es à Paris pour suivre et jouer en trio ou duo avec des clown·es parisien·nes.
Comment t’es-tu engagé auprès de VIVRE AUX ÉCLATS ces 30 dernières années ?
D’abord co-fondateur, puis pendant quelques années, j’ai assumé le travail de directeur de l’association. J’ai aussi participé et organisé de nombreuses opérations de communication pour VIVRE AUX ÉCLATS. J’aime beaucoup parler du travail de clown·e hospitalier et puis, je suis un créatif dans l’âme ! C’est moi qui ai eu l’idée de l’opération avec les bols « Acheter un bol pour les enfants qui n’en n’ont pas ! » et aussi, la création du NEHARYR « l’heureux m’aide pour gai rire ».
Comment et pourquoi as-tu décidé revêtir la casquette de co-président ? Que représente ce rôle pour toi ?
Quand je suis arrivé à la retraite, j’aurai pu continuer à être clown mais, j’ai estimé qu’il était temps pour moi de laisser la place à des plus jeunes qui avaient besoin de travailler.
En tant que co-fondateur et ancien directeur, j’ai estimé qu’il fallait que je quitte VIVRE AUX ÉCLATS, pour ne pas rester accrocher à « mon bébé ».
Ce que j’ai fait pendant deux ans. Puis il y a une plus d’un an, VIVRE AUX ÉCLATS m’a proposé de revenir pour co-coordonner les bénévoles avec Dominique Gebski.
Occuper cette place dans l’organisation me paraissait une bonne idée, la mission était plus flexible et correspondait bien à ce que je savais faire : communiquer, parler, inventer… Puis, lors de l’Assemblée Générale qui a suivi, en 2025, je me suis présenté pour devenir co-président afin de continuer, d’une autre manière, à être au service de VIVRE AUX ÉCLATS.
Tu es aussi coordinateur des bénévoles avec Dominique Gebski, peux-tu nous en dire plus sur cette mission et investissement ?
Avec Dominique, nous organisons et planifions les opérations de communication et de représentation de VIVRE AUX ÉCLATS, auprès du grand public. Nous essayons d’étoffer ce groupe des bénévoles afin de faire rayonner encore plus VIVRE AUX ÉCLATS. Nous avons envie que les bénévoles se sentent bien dans ce soutien qu’ils apportent aux clown·es.
Un mot sur le développement de l’association que tu as vu évoluer et grandir ?
Passer de quatre clown·es fondateur·ices à dix-huit clown·es aujourd’hui n’a pas été tout le temps de tout repos et sans difficultés, mais cela a toujours été de vrais choix assumés en équipe.
Par exemple, personnellement, le handicap me faisait très peur et lorsque le deuxième lieu d’intervention « La Fougeraie » nous a sollicité, nous avons longuement réfléchi avant de dire oui. Cela a donné une teinte toute particulière à VIVRE AUX ÉCLATS.
Je constate que désormais, nous avons acquis de véritables compétences et une expertise auprès des personnes en situation de handicap ou de polyhandicap, enfants, adolescents ou adultes. Nous sommes reconnus pour ce travail auprès de ces publics.
De même, le choix d’intervenir auprès des personnes âgées, ne fut pas simple pour moi. Mais, j’ai toujours mis en priorité l’avenir et la vie de VIVRE AUX ÉCLATS avant mes propres désirs personnels.
Pour toi, le clown c’est …
Une porte sans cesse ouverte vers la vie. C’est un courant d’air vivifiant dans les situations difficiles. C’est celui qui est plus petit que le plus petit et par là même c’est celui qui bouleverse les pouvoirs. Sans jamais se moquer il permet à chacun de rire de lui-même.
Carte blanche – le mot de la fin pour les lecteur·ices…
Deux choses pour cette carte blanche :
La porte est grande ouverte à toutes et tous pour rejoindre l’équipe des bénévoles de VIVRE AUX ÉCLATS.
Le travail de VIVRE AUX ÉCLATS est d’intérêt général.
Merci de continuer et de soutenir cette magnifique association pour les trente années à venir, par vos dons. Sans nous, sans VOUS, les clown·es ne pourraient pas faire ÉCLATER la VIE dans tous ces lieux de soins.
MERCI à tous les bénévoles et les membres du Conseil d’Administration qui s’investissent quotidiennement pour faire rayonner VIVRE AUX ÉCLATS.

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