VIVRE AUX ECLATS | 5 rue Pizay 69001 Lyon
residence

L’expression corporelle pour nourrir le jeu des clowns

Du 11 au 15 janvier, au Théâtre Nouvelle Génération de Lyon, Isabelle Leroy, chorégraphe et danseuse professionnelle, a accompagné les comédiens-clowns de VIVRE AUX ECLATS dans un grand « bain sensoriel et émotionnel », les invitant à explorer la relation non-verbale et la présence corporelle. Une résidence riche et intense pour les artistes qui ont expérimenté d’autres façons de vivre leur corps et de le faire exister dans la relation.

Quels étaient les objectifs de la résidence ?
J’ai été invitée par Johan Lescop à rejoindre l’équipe de VIVRE AUX ECLATS lors de la résidence au TNG à Lyon.  Les objectifs demandés étaient clairs : faire expérimenter les outils du langage non-verbal aux comédiens-clowns, leur transmettre et partager ces outils si précieux dans la période singulière que nous traversons. Comment soutenir, nourrir la relation à l’autre, aujourd’hui chamboulée avec l’obligation du port du masque qui limite l’usage de la parole et l’expressivité du visage, la contrainte des distanciations physiques, la peur de se rencontrer… ? Comment, avec le langage du corps que je traverse depuis plus de 20 ans, j’allais pouvoir nourrir le travail des clowns ? Ma non-connaissance du travail clownesque m’a un peu intimidée, mais ma complicité professionnelle avec Johan Lescop m’a aidée à accepter ce voyage. Le langage non-verbal est pour moi un trésor qui me fait garder la chaleur du contact dans cette distance-présence à l’autre, mais aussi dans la présence aux lieux que je rencontre, que j’habite et qui m’habitent. Ce langage est source d’empathie, il me permet d’être touché par un regard…

En quoi la danse vient nourrir et compléter le jeu du clown ?  
Je ne connais que très peu les techniques de jeux du clown, alors j’ai choisi de ne pas entrer dans leur spécificité, de ne pas me censurer ou orienter mes choix de transmission en fonction des « attentes » du métier. La danse est pour moi une aventure humaine. J’avais envie de faire expérimenter avec générosité et gourmandise la palette si ouverte des outils du corps en relation à l’espace, au temps et à l’énergie.  J’avais aussi le désir d’observer la façon dont ces artistes se les approprieraient, attentive aux ponts qui pouvaient s’ouvrir plutôt par sérendipité (lâcher-prise ouvrant à un heureux hasard) que par choix décidé ou réfléchi. Je savais aussi que Johan allait rebondir ou reprendre des éléments qui trouveraient un écho avec leur pratique et leur problématique.  

Peux-tu nous partager un moment fort ?
Cette façon de procéder m’a procuré un grand bonheur et une grande liberté dans l’étude.  Faire rentrer les clowns et les voir plonger avec appétit dans ces trainings que j’appelle « les bains sensoriels », observer leur créativité, les voir éprouver de longs moments d’improvisations les immergeant dans un processus joyeux et engageant du corps sans attente de résultats, fut pour moi très stimulant et émouvant. C’est une bien belle équipe, très contrastée et joyeuse : un beau voyage humain en partage !

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