VIVRE AUX ECLATS | Résidence Thiers | 171 avenue Thiers | 69006 Lyon

RÉTROSPECTIVE : 30 ans d’Éclats en milieu de soins

LE MÉTIER DE CLOWN HOSPITALIER

Les clowns de VIVRE AUX ÉCLATS sont tous artistes professionnels et viennent de différents horizons artistiques : musiciens, comédiens, circassiens… Ils suivent un processus de recrutement rigoureux avant de rejoindre l’équipe. Ils bénéficient d’une formation artistique continue assurée par notre directeur artistique et sont formés aux pathologies, règles d’hygiène et contraintes du milieu de soins. Des intervenants extérieurs, spécialistes de l’art du clown et d’autres disciplines (musique, voix, corps, objets, magie…) peuvent être sollicités pour compléter la formation continue. Pour mieux comprendre les difficultés des situations qu’ils rencontrent et pour retrouver la bonne distance dans leur position de jeu, ils participent tous les mois collectivement à un atelier d’analyse de la pratique, accompagnés par une psychologue clinicienne.

« Notre but est d’amener de la vie dans ces lieux, où on oublie souvent qu’avec un bon moral, c’est plus facile de vaincre la maladie ».
Grégory Escolin, artiste-clown VIVRE AUX ÉCLATS

Le clown, agitateur de vie

Le clown laisse rarement indifférent. Il ouvre des espaces de créativité et de liberté, bouscule avec tendresse et poésie le sens de la vie, crée des liens et provoque des rencontres, participant ainsi à lutter contre l’isolement et à rendre l’hôpital plus vivant.

Lors des séances de jeu en milieu de soins, il s’adresse à la personne au-delà de sa pathologie et de son handicap, il porte sur elle un regard singulier et valorisant. Il entre en résonnance avec le vivant et cherche à (r)éveiller le désir. Surfant sur la part de fantaisie et de merveilleux présente en chacun, il ouvre un espace d’expérience inédit dans lequel il est possible de vivre et d’imaginer le monde autrement, de s’autoriser à être avec ses rêves, ses peurs, ses fragilités, ses limites. Le clown décale, amplifie, reflète, entraînant chacun et chacune dans un jeu où plaisir et créativité prennent toute la place.

D’une manière générale, ce drôle de personnage se définit par sa naïveté, sa poésie, sa singulière manière de communiquer, de bouger. Personnage fantasque, il vit le moment présent avec une très grande intensité, sans retenue, sans apriori ni tabou. Sa sincérité est absolue : il n’hésite pas à se dévoiler, à montrer ses émotions, ses échecs, et à en rire. Incompétent notoire, il rate, se trompe, fait des gaffes, se prend des portes.
Par son aveu de faiblesse et de fragilité, il ouvre des champs de communication par effet miroir et prend toute sa place dans des lieux où les personnes sont en situation de fragilité.

Sa vulnérabilité affirmée redonne du pouvoir à la personne qui pour une fois n’est plus la plus faible, mais devient au contraire celle qui sait, qui console, qui répare, qui dirige.  En redonnant le pouvoir et en se mettant en jeu au service des patients et résidents, le clown est un vecteur d’affirmation de soi.
Il est aussi celui à qui l’on confie ses joies, ses peines, ses questionnements. Parce qu’il incarne un tiers, un autre, à la fois sensible, empathique et détaché du quotidien, le clown ouvre des espaces de paroles et de confidences.

Ses multiples langages, son imaginaire et sa poésie lui permettent d’entrer en relation avec des personnes dont les fonctions cognitives sont altérées, leur redonnant une place et une parole même lorsque les mots ne sont plus là. Les visites clownesques favorisent ainsi l’expression individuelle à l’intérieur de l’institution, renforcent les stimulations et luttent contre le repli et l’isolement des patients et des résidents.

Dans le milieu très réglé de l’hôpital, le clown a donc des effets libérateurs, il autorise à sortir du cadre et à repousser les limites pour faire entrer plus de vie et d’humanité.

Les clowns, partenaires des soignants

Les artistes-clowns apportent un éclairage différent sur les personnes dont se saisissent les professionnels pour faire évoluer la prise en charge.
Les soignants considèrent les clowns comme des partenaires et n’hésitent pas à faire appel à eux pour soulager certains patients ou résidents face à des soins douloureux ou des baisses de moral.
L’approche clownesque, ludique et créative vient ainsi enrichir la pratique et la vision que les soignants ont de la relation de soin.

Avant d’entrer en jeu, les clowns retrouvent l’équipe soignante pour une relève. Loin d’être une simple formalité, ce moment ancre les artistes dans la réalité du terrain et leur permet d’intervenir avec la sensibilité que la situation exige. En fin de séance, une nouvelle relève vient clore l’intervention : les clowns partagent leurs observations, leurs ressentis, ce qui s’est passé au fil des rencontres. Un retour précieux pour les soignants, et un espace de dialogue qui fait de chaque intervention un acte véritablement partagé.

Chaque établissement de soins partenaire de l’association a un artiste-clown référent. Vincent Bonnefoi, artiste-clown de VIVRE AUX ÉCLATS et référent au Médipôle de Villeurbanne, nous partage quelques mots sur ce rôle important au sein d’un établissement de soins :

« Être artiste référent dans un établissement de soins c’est avant tout être un interlocuteur identifié pour faire le lien entre le projet de VIVRE AUX ÉCLATS et l’établissement en question. Le référent joue régulièrement dans la structure concernée ce qui permet de tisser un lien avec l’équipe professionnelle et de saisir les enjeux afin que le partenariat se déroule de la meilleure des façons. Chaque année, des bilans sont fait pour affiner, ajuster nos interventions et impliquer l’ensemble du personnel dans le projet. Jouer régulièrement dans un lieu permet aussi de créer une relation privilégiée avec les patients ou résidents et les équipes. Un clown qui vient souvent est mieux identifié, le contact est plus simple. Les artistes apprennent à connaître les personnes, découvrir leurs centres d’intérêts, leur sensibilité et ainsi tisser une relation au fil du temps. VIVRE AUX ÉCLATS défend une approche globale où chaque acteur évoluant dans un établissement de soins (patient, résident, entourage, personnel) est considéré et pris en compte. Le clown référent joue un rôle important dans le développement de cette vision du clown hospitalier. »

Les artistes-clowns de VIVRE AUX ÉCLATS ne sont pas des visiteurs de passage : ils sont des acteurs de la vie de l’établissement de soins à part entière, attentifs, présents et reconnus. Cette relation de confiance mutuelle, tissée dans la durée, est la condition même d’un accompagnement humain et cohérent au service du bien-être des patients et des résidents.

Poursuivez la lecture avec l’interview de Grégory Escolin, clown à VIVRE AUX ÉCLATS !
👉  « Grégory Escolin : être clown, c’est du sérieux »

📅 du 20 avril au 20 juin 2026
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© Edgar Barraclough

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